Canada: pause printanière pour le marché du travail à Québec

(Québec) L'heure n'est surtout pas à la panique, mais la dernière fournée de données de l'enquête sur la population active de Statistique Canada montre que le marché de l'emploi dans la région de Québec tourne au ralenti depuis le mois d'avril.

Bien sûr, le taux de chômage en juin dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec - qui couvre le territoire des villes de Québec et de Lévis - affiche un réjouissant 4,8 %, selon les chiffres de Statistique Canada dévoilés vendredi. Avec Edmonton (4,6 %), il est encore l'un des plus bas au Canada. La RMR de Québec fait mieux que celles de Calgary (5 %), d'Ottawa et de Winnipeg (6,3 %), de Vancouver (6,5 %) de Toronto (7,8 %) et de Montréal (8,2 %).

N'empêche que le taux de chômage à Québec à la fin du premier trimestre s'établissait à 4,4 %. Trois mois plus tard, il grimpe de 0,4 point de pourcentage.

En épluchant les données de Statistique Canada, l'économiste principal de Québec International, Louis Gagnon, a découvert que la RMR de Québec dénombrait 422 000 emplois au deuxième trimestre - c'est-à-dire à la fin de la période qui couvre les mois d'avril, de mai et de juin -, soit 6100 de moins par rapport aux trois premiers mois de l'année.

«Malgré tout, Québec maintient un solde positif depuis le début de l'année», prend soin de mentionner Louis Gagnon. En effet, la région comptait à la fin juin pas moins de 3300 emplois de plus par rapport à la situation qui avait cours à la fin du mois de décembre dernier.

Selon l'économiste de Québec International, c'est le secteur des services - pourtant le pilier de l'économie régionale - qui tire la patte depuis le mois d'avril. 

«Contrairement à son habitude, le secteur des services évolue en dents de scie cette année. Cette pause a un effet plus immédiat sur la performance globale de la région.» Le secteur des services regroupe pas moins de 87 % des emplois dans la RMR. Il comprend, entre autres, tous les emplois dans l'administration publique, les assurances, le commerce, l'hébergement et la restauration.

Pour leur part, les secteurs de la construction et de l'industrie manufacturière se portent bien. «Le secteur de la construction a repris du tonus au deuxième trimestre, en raison de nombreux chantiers majeurs», fait remarquer Louis Gagnon. «Le nombre d'emplois est revenu près de ceux observés à l'entrée de la période estivale de 2012. Pour sa part, l'industrie manufacturière s'est également bien tirée d'affaire. L'amélioration graduelle des perspectives mondiales a probablement contribué à relancer l'embauche de nouveaux travailleurs.»

Accalmie au Canada et au Québec

En juin, au Canada, le taux de chômage n'a pas bougé par rapport au mois précédent. Il s'accroche à 7,1 %. Il s'est perdu 400 emplois au pays en juin.

Au Québec, par contre, le taux de chômage a augmenté de

0,2 point de pourcentage, pour afficher 7,9 %. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis septembre 2012. 


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